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J'ai l'impression d'être allée au front

C’est certain que la vie n’est pas rose
pour les hypocondriaques et le Covid-19.

Croyez-moi, c’est l’enfer, parce que oui, j’en suis, oui, oui, je suis une hypocondriaque.

J’arrive d’aller chercher mon épicerie au Pois tout vert. Bon, là je vous entends vous dire « Mais qu’elle reste chez elle, la vieille, elle n’a pas compris! ». Je peux-tu vous dire que j’ai compris mais faut aussi que vous compreniez que même si on a 70 ans et plus, on ne vit pas d’eau fraîche. Vous remarquez ici que j’ai changé le proverbe ou la maxime, je ne sais trop comment l’appeler, j’ai omis volontairement d’écrire « d’amour et d’eau fraîche ». À 70 ans, justement, quand t’es veuve, tu vis plus d’eau fraîche que d’amour, l’amour,  tu l’as de tes petites-filles, de ta fille mais bon, je ne m’étendrai pas sur le sujet.

Ok, je reviens sur le point qu’à 70 ans, faut manger et quand on vit seule, qui cé qui va aller à l’épicerie chercher ton manger pour te sustenter ? Oui, qui cé ? ben cé bibi. Pis bibi est hypocondriaque.

Honnêtement, j’ai eu l’impression d’être à la guerre et là ben depuis que je suis rentrée de cette aventure, j’ai un ti mal de gorge et un gros mal de ventre. Pour le mal de ventre, je vais vous raconter une autre aventure dans un autre article.

Je vous raconte mon aventure de ce matin.

J’avais pris la peine de transmettre par mail (ici en France on dit mail pas courriel) ma liste d’épicerie. Comme vous voyez, même à 70 ans on a pas mal toute sa tite tête et on prévient les coups. Je ne m’attendais pas à devoir être au front par contre.

J’arrive là-bas, il y a des gens qui font le pied de grue devant la porte du magasin et la plupart sont au téléphone. Je vous explique le principe, tu restes dehors, tu appelles et quelqu’un à l’intérieur, quelqu’un de masqué et de ganté on s’entend te répond et là tu détailles un par un les éléments de ta liste d’épicerie. La personne à l’intérieur coure et met les articles dans un caddy (bon ici aussi on n’appelle pas ça un panier d’épicerie, on appelle ça un caddy). Une fois terminé, on entre pour payer.

Mais moi, la prévoyante, je m’étais dit qu’en transmettant ma liste par mail que ce serait simple, que tout serait prêt et que je n’aurais qu’à payer. En plus, j’avais imaginé que mes sacs seraient presque dehors et que la machine pour payer serait dehors également. Mais non !!! Fallait entrer et que la demoiselle passe mes articles à la caisse et que je les manipule. Non, mais, les microbes, les virus. J’y ai t’y pensé vous croyez !!!

Pour faire exprès, il y avait des articles qui n’étaient pas les bons même si j’avais pris la peine de lister mes articles dans l’ordre qu’ils arrivent dans le magasin en donnant la grosseur et la marque. En plus d’être hypocondriaque, elle est maniaque. Mais non, le lait écrémé était du demi-écrémé, le litre de lait d’amandes était un 6 packs, le pain, et j’en passe.

Là, n’allez pas croire que je chiâle contre les gens qui ont fait l’épicerie pour moi, je chiâle contre le Covid-19 qui m’a rendue hyper-vigilante moi qui l’étais déjà et même trop. Il m’a fallu pénétrer entre les étagères pour montrer quel pain je voulais, et le lait, et le fromage à la crème, alouette.

Ce que j’ai vu relève d’un film de guerre et en même temps, j'ai vu toute la désolation de la situation. J’y ai vu des femmes qui couraient dans les allées pour donner un service et moi qui courait devant pour garder les 2 mètres de distance. Une vraie folle.

Pour m’aider dans mon hypocondrie, il y en a une qui m’a crié, « Madame, soyez prudente, on est toutes infectées!!! ». Mais moi, je n’étais pas masquée, pas gantée, le virus pouvait me reconnaître facilement.

J’ai l’impression de revenir d’un voyage et que je devrai me mettre en quarantaine. Pis ma gorge qui ne va pas mieux.

Une fois rendue à la maison, j’avais quelques items pour ma voisine et elle m’a remboursée en argent comptant. J’me peux plus. J’ai toutes les mains plissées à force de les laver et ce n’est pas juste l’âge.

J’ai voulu par cet article vous dérider mais en même temps, je réalise qu’à mesure que le temps passe, à mesure que la situation évolue, je deviens paranoïaque et angoissée.

Attendez que je vous raconte toutes mes folies d’une fille hypocondriaque, je vous réserve ces aventures dans un autre article car ce serait trop long. Préparez-vous et surtout n’appelez pas les psychiatres, ça fait 70 ans que je vis avec cette maladie mentale, entre autres, je devrais être capable de finir ma vie avec.

Merci de m’avoir lue et merci surtout à ces femmes qui se dévouent pour nous, elles sont plus au front que nous et elles le font avec le sourire. C’est un début pour elles dans cette aventure de faire notre épicerie pour nous éviter de se faire contaminer , sûrement que la prochaine fois, ça va couler mieux. 

Bonne journée.

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Maudite procrastination!!!

C'est à cela que je ressemble devant mon ordinateur et même ailleurs. Le rien, le niaisage sont toujours présents suite aux rêves que j'imagine, quand je procrastine; parce que quand je procrastine, je peux aussi être assise, à ne rien faire, quand on dit rien, c'est rien et rêvasser, rêver que j'écris, je me raconte des histoires.

Je m'imagine, je me vois vous écrire sur mon blogue à chaque jour, au moins à tous les 2 jours, sûrement une fois par semaine. Et le temps passe, je suis sur mon cellulaire à lire FB ou les nouvelles TVA. Avec les nouvelles TVA, j'ai au moins l'impression d'être pas trop pire, je me renseigne, c'est ce que mon sentiment de culpabilité me fait croire. Ça se place bien dans une conversation, il fait -50 au Québec avec le facteur éolien.

Wow ! T'es au courant ma Francine.

Et là, il y a les maudits jeux, ceux qui nous rendent addictifs, qui nous entraînent vers la victoire, mais quelle victoire? la victoire contre la montre, celle du temps qui passe, de ce temps qui nous accable, qui s'égraine tranquillement et qu'on doit meubler. L'idée du blogue, c'est motivant mais il faut juste se lever de sa chaise, mettre son cellulaire de côté et plonger.

Bientôt, très bientôt.

J'ai même installé sur mon cellulaire le compteur de temps, celui qui t'indique combien de temps tu passes sur l'écran. Tu te bernes toi-même, en plus de pouvoir donner l'instruction d'ignorer la limite et de lui demander de te le rappeler dans 15 minutes, tu repèses sur ces instructions te sentant d'un clic à l'autre de plus en plus coupable. La première semaine, te te trouves bonne en titi, tu as diminué ton temps d'antenne d'une heure par jour, tout un exploit. Ce qu'il faut dire, c'est que cette semaine, tu étais très occupée à l'extérieur, c'était facile.  

Et là, tu es occupée à des activités, t'es heureuse mais quand arrive le moment ou tu te retrouves seule à la maison, vite le cellulaire que je me mette au courant, que je meuble ces moments qui peuvent être paniquants. Même là, pendant que j'écris, j'ai des bips m'indiquant des notifications, bips qu'il m'est impossible d'ignorer comme si ma vie en dépendait.

Et il faut dire que j'ai aussi une tablette et un ordinateur. Quand je trouve que mon temps d'antenne est pas mal exagéré, je change d'outil, celui qui ne me parle pas, celui qui ne me rappelle pas que j'avance dans la vie en regardant vivre les autres.

Quand on vit seule, c'est facile de s'engourdir, vite une pause après ton petit ménage, une autre pause après la marche avec Api et quand on ne vit pas seul et qu'on a cette dépendance, c'est l'enfer, la cachette dans les toilettes pour finir ce satané jeu qui nous rend fou. 

Et d'essayer de meubler sa vie d'activités de toutes les sortes, ce n'est pas mieux, c'est aussi une dépendance, celle de ne pas faire face à la solitude, à cette introspection qui serait si salutaire.

Je me suis faite hypnotiser récemment durant un spectacle d'hypnose et je me suis dit, si cette homme a réussi à maîtriser mon cerveau, je devrais en faire autant. Je me suis donc acheté un livre sur l'auto-hypnose. Est-ce que ça fonctionne, vous m'en donnerez des nouvelles, je fais un exercice d'auto-hypnose avant d'écrire. Trouvez-vous que j'ai changé?

La semaine dernière, j'ai trouvé, sur Internet, un exercice d'auto-hypnose pour contrer la procrastination. Je l'ai expérimenté, ils disent que ça peut être instantané, dans mon cas, l'instant me paraît long. Dans l'exercice, le thérapeute (si c'en est un, bien sûr) nous amène à rencontrer la partie de nous qui nous fait procrastiner. Je suis comme Rantanplan, vous connaissez, le chien des Dalton dans Lucky Luke, quand on me dit coucher, je couche. Donc, quand je fais un exercice, je participe, j'ai donc rencontré cette partie. Bon, là vous aller dire que c'est cliché mais j'ai rencontré une petite Francine en larmes, la petite Francine qui a peur, celle qui a besoin qu'on lui dise qu'elle est bonne. Et je l'ai prise dans mes bras, je l'ai aimée comme elle aurait du être aimée depuis le début. Je l'ai encouragée, lui ai dit qu'elle était bonne, qu'elle était capable. Et je l'ai vu repartir, le sourire aux lèvres, gambadant dans les champs, toute heureuse d'avoir trouvé quelqu'un qui l'aime telle qu'elle est.

J'ai encore ces démons qui tiraillent, ces démons qui me disent de m’asseoir et de ne pas me prendre pour une autre à penser que mes écrits peuvent apporter quelque chose à quelqu'un mais je crois en la petite Francine, et la petite Francine a besoin de s'exprimer.

Et me voici, à mon clavier pour tout vous raconter. 

Vous procrastinez, vous ? Dites-moi que oui que je ne me sente pas seule. Bonne journée.

 

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L'envers du décor

Cette semaine, je vous ai dit que nous nous sommes produits sur une scène et que je participais à deux pièces sur cinq et que c'était sûrement moins stressant en tant qu'amateur que pro. Plusieurs étaient impressionnés par mon activité. Après avoir lu cet article, vous m’en reparlerez.

Moins stressant, moins stressant, c'est vite dit. Je me dois de rectifier mes dires! J'imagine que, telle que je me connais, si j'avais été pro, je me serais sûrement assise en boule dans un coin tellement j'étais stressée. Comme je jouais en amateur, j’ai lâché la boule dans le coin pour une boule dans l’estomac et même un peu plus bas que l’estomac, si vous vous souvenez de mes histoires de transit.

J'ai appris, il y a quelques années, que je souffrais probablement (et même certainement) de maladies psychosomatiques (le mental) parce que j'avais souvent des douleurs en intermittence : mal à la hanche droite, dans le bas du dos, j'avais toujours un rhume latent, une surinfection des sinus, un ti mal de tête, une douleur à la main droite m'empêchant de peindre, un pincement à droite du dos quand je me lève de ma chaise ou quand je peins, une sciatique qui me fait souffrir de temps à autre, le coccyx tellement souffrant que j'ai de la misère à m’asseoir, j'ai même déjà eu le bout du nez qui brûlait, oui, oui, un supposé bouton au fond de la gorge que je regardais attentivement à l’aide de miroir, des brûlements ailleurs que je ne peux nommer de peur de vous choquer et bien sûr, il ne faut pas l'oublier, la constipation, mon transit lent, archi lent. Et j'oublie mes cauchemars à 11 h le soir où je meurs, non, non, où je suis morte et j'accepte la mort et où si je ne meurs pas, je me réveille en sursaut, cherchant la pilule que j'aurais dû prendre et que je n'ai pas prise et sans elle, je meurs. Je me réveille en tremblant, le cœur battant à au moins 120 et le stress à son maximum. Pas reposant pour un homme couchée à côté d'une telle énervante, je vous raconterai d'autres anecdotes. Pour une hypocondriaque, je ne suis pas de tout repos ni pour moi, ni pour les autres. Et chacun de ces maux me crée une angoisse permanente me sentant constamment au seuil de la mort.

Voilà vous savez maintenant que je souffre sûrement d'une maladie mentale. Est-ce que ça se soigne? Mes amis psychologues, vous diront oui, mais il parait que c'est un processus très long. C'est le cerveau, qui, quand je suis stressée, au lieu de me faire vivre des émotions, il me rend malade. Votre cerveau peut devenir rapidement votre pire ennemi et mercredi, la bête s’est présentée.

En me levant le matin, je ressemblais à la tour de Pise à cause d’une douleur à la hanche droite qui me brûlait, le pincement dans le dos était revenu, j'ajouterais un début de grippe avec mal de gorge et de tête. Mon cerveau m'a servi un de ses cocktails parce qu'habituellement, il s'attaque à un endroit à la fois mais dans un état de grand stress, plus de contrôle. Je me disais finie la carrière de comédienne, on ne m'y reprendra plus.

Le matin de la représentation, nous avons fait notre générale. Durant les pratiques, j’avais pris la peine de demander si mon accent pouvait gêner. Bien non, c'est clair, pas de problème, qu’on me répondait. Après la générale, là mon accent ne faisait plus et quelqu’un m’a dit "On ne te comprend pas avec ton accent, avec tes in et tes â." J'peux tu vous dire que j'avais l'impression que je ne parlerais plus tellement le mal de gorge et de tête me faisaient mal.

Après la répétition de la deuxième pièce, une autre est venue me demander « As-tu écouté la pièce sur Youtube? » Oui, de lui répondre, « ça ne paraît pas. » qu'elle me dit. « Ah! tu trouves? » Dans ce temps-là je perds mes moyens. Et elle renchérit « T'es-tu enregistrée? » Non « t'aurais dû!, en plus, tu as un ton monocorde. » Et cela juste avant la présentation devant public. Dans mon rôle de la deuxième pièce, j'utilise une canne, j'en avais vraiment besoin. J’étais à terre, mon dos était complètement barré et si je m’étais trouvée bonne avant, c’en était fini… J’en avais pris pour mon rhume qui couvait.

Honnêtement, je m’étais tellement trouvée bonne que j’avais même appelé une troupe de théâtre un petit peu plus pro pour me joindre à eux. Je vais attendre un ti peu…

Je sais que ça n’était pas dit pour me blesser et que ça provenait d’une intention noble, celle de réussir notre prestation et d’après ce que j’entendais, je serais la cause du fiasco. Moi qui suis perfectionniste, savoir ça à l’avance…, et pas question de me désister. Le coup était dur…

Et pendant que je vous écris, j'ai mal au coude, qui, lui, dans un stress vécu avant les Fêtes, est devenu tout noir et je ne l'avais pas frappée et lorsque je me suis levée tout à l'heure, j'étais pliée à cause du pincement.

L’humiliation

Le lendemain de notre prestation, notre metteure en scène nous a transmis des photos et je dois vous avouer que peut-être que j’aurais eu avantage de me voir dans un miroir. Comme je jouais une servante qui, lors de l’écriture de cette pièce, devait être dans la trentaine et qu’on l’appelait « la pétasse », j’avais décidé, moi, ayant deux fois cet âge et un peu plus, de m’organiser pour avoir un peu l’air pétasse. J’avoue franchement que j’étais loin de la réussite. Pas mêlant, c’en est gênant.

Pour en mettre plein la vue, comme dans la pièce, j’avais été battue (ma pauvre Violette s’en faisait vraiment pour sa mamie), mais dans les coulisses (en off dans le jargon), bien sûr personne ne m’a touchée et que comme j’avais pleuré, toujours dans les coulisses et pas pour vrai, je m’étais mis du crayon noir sous les yeux faisant croire à du mascara qui a coulé. J’avoue que comme je n’avais pas de miroir non plus, j’ai peut-être un peu exagéré. Bon, voici THE photo :

Vous pouvez aussi constater que j’ai le ti-mollet musclé, ça au moins, c’est la conséquence de marches journalières prises avec ma petite Api.

Bon, la robe et le tablier – Comme ma jupe était longue et le tablier aussi, j’ai décidé de replier et la jupe et le tablier en y ajoutant une ceinture pour remonter tout cela et je réalise que le motton est bien visible et me fait une taille très très épaisse. Pour l’effet pétasse, on repassera. J’ai comme manqué sur l’égalité. Ouf!!! Humilité quand tu me tiens. Moi qui croyais que la capine ferait bel effet, pas certaine que quelqu’un ait réussi à lever les yeux vers la capine.

Voici une autre photo qui est encore plus révélatrice. Attention à vos yeux, on croirait que je suis géante. On voit très bien la taille de guêpe… Et l'âge de la pétasse... Je vous entends vous dire, pauvre Francine, surtout ne me plaignez pas, je me suis amusée et le ridicule ne tue pas. C'est de ne rien faire qui me tue.

Dans le fond, n’aurait-il pas été préférable de modifier le texte en changeant « pétasse » par « veille gribiche » au lieu que la vieille gribiche essaie de se transformer en pétasse? C’était perdu d’avance. Le constat est là.

Pour la deuxième pièce, je jouais une baronne de plus de 90 ans qui fêtait son anniversaire. Par contre, pas d’excuse, j’avais un miroir. J’avais exagéré le maquillage et avec la chaleur qu’il faisait sur la scène, le rouge de mes joues est devenu écarlate. Je flashais!!! C’était par contre une réussite, j’avais vraiment l’air de mes 90 ans.

En tout cas, moi aussi je voulais que les gens aiment et ils ont aimé. Le stress créé par les remarques m’a peut-être fait exagérer le personnage à tous les niveaux. Malgré tout, plusieurs sont venus me féliciter et certains ont même dit que mon accent était un atout, avec mon vieux français (pas certaine que ce soit un compliment), je les avais conquis.

J’apprends, c’était ma première fois au théâtre, je continue. Je ne me décourage pas pour si peu.

Pas facile de vieillir et de s’impliquer dans des activités comme celles-là. L’important, je me suis amusée comme une petite folle, j’ai aimé être avec mes compagnes et compagnons, parfois un peu francs mais je vis avec.

The show must go on!

Et le lendemain, difficilement, très difficilement, le bouchon est sorti. Soulagement !!!

 

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Le grand retour d’une Aînée en liberté

Non, non, je ne reviens pas au Québec, c’est simplement qu’aujourd’hui j’ai décidé de redonner vie à mon blogue « Une ainée en liberté! », de lui redonner la parole.

J’ai mis du temps, j’en suis très consciente, du temps à retomber sur mes pattes, du temps à démêler mes idées mais je crois que je commence à voir plus clair dans ma vie et je suis maintenant prête à partager avec vous ces anecdotes, parfois cocasses et souvent riches d’expériences. J’avais toujours le goût mais je ne voulais pas être négative par rapport à ce que je vivais, à mon intégration ici en France. Quand on a tout à découvrir, toutes les nouvelles situations vécues sont teintées par la comparaison qu’on en fait en fonction de son vécu, à ce qu’on connait et quand on arrive d’Amérique, je dois avouer qu’arriver en France nous fait sentir comme un retour dans le passé principalement au niveau des technologies et ça peut être irritant. Je ne voulais pas vous partager ma vie dans ce magnifique pays qu’est la France en vous le faisant connaître sous ses côtés que moi, je trouvais moins intéressants, par la perception que j’en avais. J’ai donc attendu d’en connaître plus pour avoir plus d’objectivité et rendre justice. Honnêtement, quelqu’un me dirait « Vous retournez au Québec! », je crois que je me barricaderais et je pleurerais toutes les larmes de mon corps. Ce n’est pas que je n’aime pas le Québec, bien au contraire, et que je ne vous aime pas, je vous adore mais j’ai ici rencontré la personne la plus importante de ma vie, je veux dire MOI-MÊME.

Vous saurez tout en commençant par mon départ du Canada, pourquoi partir? mon arrivée ici en passant par l’ouverture d’un compte de banque, l’achat d’une voiture, mes déménagements, la place que j’ai dû me faire, la solitude, l’acceptation et surtout les dédales gouvernementaux, et ça, ce n’est pas une mince affaire, même mes ami.e.s français.ses le reconnaissent. Je crois que ça ne sera jamais fini.

Pour vous tous et principalement mes ami.e.s français.es, soyez assurés que les récits que vous lirez seront toujours respectueux. Il est certain que parfois je raconterai des anecdotes qui vont toucher vos compatriotes mais je ferai tout pour ne blesser personne. Si jamais, sans le vouloir, j’écorchais quelqu’un, auriez-vous la gentillesse de m’en parler en privé et je rectifierai mon tir.

L’autre question que je me pose souvent et c’est pour cela que j’arrête d’écrire et que je reprends, c’est : Mais à quoi ça sert d’étaler ses états d’âme, sa vie, ses anecdotes, comme ça au grand jour? On dirait que je ne peux faire autrement, il y a toujours une impulsion qui me triture les tripes pour que j’écrive, c’est plus fort que moi.

J’expérimente d’avoir une page Facebook en plus de mon blogue, je vais donc tester ce que ça apporte de plus parce que là j’ai ma page FB personnelle, mon blogue sur Internet et la page Une aînée en liberté sur FB également. Ça peut en faire trop, l’avenir nous dira.

Si, quand vous lisez, vous avez envie de partager avec vos ami.e.s, laissez-vous aller, ça me fera plaisir de savoir que plusieurs d’entre vous aiment les écrits de l’aînée en liberté. Je ne sais pas où cette aventure me mènera. Merci pour les partages. J'apprécierais que vous laissiez des commentaires sur le blogue et non sur FB.

Demain, je vous écris sur l'envers du décor ou pour mieux me faire comprendre, l'envers de la pièce de théâtre. À demain.

 

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Pas de filtre, mais bon !!!

Juste une petite vite en passant.

Je viens de louer une  maison en France et le propriétaire s'appelle Adil Zharab. J'étais avec ma fille et je n'avais pas encore signé le bail et je lui demande spontanément :

Êtes-vous un z'arabe?

Oui, qu'il me répond en riant aux éclats.

Ma Justine, un peu gênée de sa mère, s'empresse de lui dire : Maman n'a pas beaucoup de filtre.

Et nous avons signé le bail. 

Bonne journée

 

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Aujourd’hui, j’ai rencontré l’homme de ma vie…

Je vous raconte la super rencontre que j’ai faite, à l’aéroport de Paris à mon départ pour le Québec. Vous savez que lorsque nous prenons l’avion, nous passons à la sécurité pour ensuite passer aux douanes avant d’aller s’asseoir pour attendre notre avion. Le douanier me demande où j’allais pour ensuite s’enquérir de mes intentions de mon séjour au Québec. Je lui dis qu’après 8 mois en France, j’avais hâte de visiter ma famille tout en lui précisant mon intention de revenir parce que mon plus grand souhait est de rester en France longtemps, auprès de ma fille et de ma petite-fille. Comme tout bon français, il me demande quelle idée j’ai de vouloir aller vivre en France quand on vit dans un si beau pays que le Québec, il estampille mon passeport, me sourit et je pars.

Une fois assise, un homme, un très bel homme, pas loin du modèle George Clooney mais un ti-peu moins beau  (pis George, c'est le mien), s’assoit juste à côté de moi et il me dit : « moi ça fait 31 ans que je demeure en France, je sais que vous y êtes depuis 8 mois, Francine ». Wow! Je le regarde attentivement, mais c’est qu’il est intéressé et intéressant, ce beau monsieur. Mon Dieu, tout à coup, ça s’pourrait t’y que l’amour frappe? Je le regarde, l’examine. Il porte la barbe, bien taillée, il est habillé relax, avec goût, le genre d’homme qui me plait, qui plairait à bien des femmes.

On se met à parler, le contact se fait, il est vraiment charmant, vraiment à mon goût. Du vous, nous passons rapidement au tu allant même jusqu’à échanger quelques confidences. Je me pinçais par en dedans. Nous rions; le temps passe vite. Vous savez le genre de rencontre avec le sexe opposé, une rencontre qui marque et qui va même jusqu’à redonner un peu d’espoir à une aînée qui, du côté des amours, a une vie monastique depuis plusieurs années. Je  n’entrerai pas dans les détails sur ce point, vous n’auriez rien à saliver.

Il me dit qu’il est déménagé en France pour suivre une femme avec qui il s’est marié et avec qui il a eu 2 beaux garçons. Il s’empresse de me dire qu’il est divorcé depuis 2 ans, ce qui me soulage. Je lui avais déjà dit que j’étais veuve n’ayant pas perdu de temps pour annoncer mes couleurs.

La conversation continue, il me dit qu’un de ses fils est handicapé, qu’il vit très bien cela. Et on parle, on rit toujours. On s’est rapproché tranquillement tant physiquement qu’intellectuellement. Il est facile de penser que vraiment cet homme pourrait bien être à considérer.

Il finit par me dire qu’il a quelqu’un d’autre dans sa vie depuis peu. Je ne me décourage pas, je profite des moments en sa compagnie mais j’avoue que je perds un peu de la joie qui m’envahit.

Je lui raconte que je demeure en campagne et qu’il m’est difficile de m’occuper d’un jardin de fleurs, d’un potager, de tondre le gazon sur près de 1000 mètres carrés et lui de m’écouter tout en ajoutant que sa nouvelle belle-mère vit elle aussi en campagne. En bon gendre qu’il est, c’est lui qui l’aide pour son jardinage. Comme il a été déplumé par le divorce, il demeure dans un petit appartement sans cour, le bien que ça lui fait d'être près de la nature.

Il me raconte qu’un jour qu’il était à travailler dans le jardin, sa belle-mère lui a demandé : « Pourquoi ne viendriez-vous pas vous installer avec moi? Vous seriez tellement heureux, toi et Pierre ».

Ai-je bien entendu? Pierre!!! Et de m'empresser de valider (nous avions bien Pierre Béland au Québec et c'est une femme, fallait que je valide) « ça veut dire que tu es sorti du placard? » et de me répondre « oui et ça m’a pris du temps ».

Ah!..... Ok!...

Et en 3 secondes, tous mes châteaux non pas en Espagne mais en France se sont écroulés.

Ne jamais se faire d’illusion, ne jamais se faire d’illusion.

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Une petite semaine en Thalasso

Souvent on me demande pourquoi il m'arrive plus d'aventures qu'à d'autres, je crois que j'ai compris, j'ai l'impression que je ne vois pas les choses sous le même angle que tout le monde, ce qui occasionne des situations parfois cocasses et parfois embarrassantes. Et maintenant, s'ajoute une certaine difficulté de compréhension. Je vous raconte.
Je racontais que le premier matin, j'ai été la seule à me retrouver à la salle à manger en peignoir, qu'on se rassure, ce coup là, j’avais bien compris, nous pouvons aller à la salle à manger en peignoir pour le petit-déjeuner. 
Honnêtement même si j’étais correcte, je me sentais seule de ma gang surtout quand tu fais ta fraîche et que c'est une fois assise, en regardant les gens aux autres tables que tu te vois..., que tout le monde est habillé. Tu doutes, tu te fais petite. 
Une grande révélation
Il y a un point important qui me frappe ici, que je réalise à 67 ans et qui m'a parfois occasionné des problèmes, c'est que je ne fais pas exprès pour ne pas me conformer ou pour être différente, je crois que je suis un peu distraite ou peut-être un peu tête folle. 
Prenez hier, j'ai reçu un soin appelé douche à jets, on entre dans une pièce étroite et assez profonde, nous allons jusqu'au fond et la thérapeute s'installe à l'entrée avec un boyau d'arrosage et nous arrose comme font les pompiers pour disperser les foules. 
Au début du soin, c'est facile elle te fait placer face à elle et te masse le ventre avec le jet qu'elle fait tourner autour de ton nombril. Elle te fait retourner pour le dos et les jambes. Là où ça commence à moins bien aller c'est quand elle te fait revenir face à elle et qu'elle te demande de te placer au trois-quart. Là, je suis embêtée, le trois-quart de quoi ? Je pense vite. Est-ce que je dois m'accroupir, pas dans la face j’espère, faudrait pas la maganer plus qu'elle l'est déjà ? Constatant mon petit air niais, elle me dit de me placer vers le coin droit. Facile, je me déplace. Non, pas dans le coin, VERS le coin. Oookkkkk.  Elle ajoute, placez votre jambe droite devant vous. J'obéis, je place ma jambe devant moi et en même temps, devant elle. Non, qu'elle me dit, DEVANT vous. J’arrête, ne comprends pas vraiment ce qu'elle veut, déplace tranquillement, d'un petit déplacement timide et insécure vers la droite, encore plus devant, et j'entends DEVANT vous !!! Okkkkkk. Une fois les deux coins faits, elle me demande de me placer de profil, je prends une chance et me place de côté, c'est bon. Maintenant, levez votre bras devant vous. Je lève mon bras devant moi mais encore devant elle parce que pour moi devant moi, c'est aussi devant elle, le devant étant le devant et j'entends encore DEVANT VOUS !!! Ooooook ! Oooook ! Je lui dis, vous savez, ça m'arrive de comprendre. J'ai donné des cours longtemps et des durs de comprenure, j'en ai eus et maintenant que je fais partie de ce groupe, c'est pas facile.
Pour finir nous avions une activité dans la piscine avec jets, jets que j'ai eu un peu de difficulté à trouver. À moment donné elle nous demande de se placer face au jet d'eau situé sur le côté de la piscine et de se masser le ventre dans le sens des aiguilles d'une montre. Pour bien se faire comprendre, elle ajoute, vous baissez à gauche et relevez à droite. Ça m'a mêlée comme il faut, j'ai arrêté pour réfléchir pour mieux repartir et j'entends, vous n’êtes pas du bon côté, je tente à nouveau et j'entends « de quel côté tournez-vous, est-ce bien le côté d'une montre ? », prononcé tranquillement pour bien faire comprendre que ça n'allait pas. Est-ce à moi que vous parlez ? que je lui demande. Oui, je peux vous dire que j'ai pensé vite mais pas encore assez vite parce que je n'ai jamais réussi à tourner du bon côté. C'est après que j'ai compris que c’était le jet qui devait descendre à gauche et non moi. J'aurais t'y un début de problèmes cognitifs ou en France on ne s'exprime pas comme au Québec ? Rassurez-moi quelqu'un.
Le wrap humain
L’enveloppement d'algues reminéralisantes, juste comme ça, c'est banal mais quand ça te pique et que tu ne penses qu'à ça, ben tu te grattes et c'est là que tu te dis que tu n'aurais pas dû, je vous raconte.
Une fois dans la salle de soins, on te remet le string, celui qui cache les parties importantes mais un string c't'un string, ça ne cache pas les seins, on s'entend. Je constate aussi, à mon désarroi que ma coupe bikini s’étend sur une plus grande surface que ce que recouvre le string. Pour mon bonheur, les strings ici sont différents de l'autre spa où je m’étais battue avec le petit triangle, celui-là même qui avait gagné et où j'avais du déclarer forfait pour finir avec un string pour hommes dont la partie avant avait la forme de l'homme. J'ai toujours imaginé la face de la masseuse, comment elle a du se retenir pour ne pas mourir de rire. 
Bon je reviens à mon soin. Une fois ton string mis en place, essayant tout de même de cacher les petits débordements pileux, la thérapeute te fait coucher sur un lit sur lequel un large film plastique est étalé sur une autre couverture chauffante et épaisse, de plastique également. Elle t'enduit d'une couche d'algues vertes et t'enveloppe du film plastique et ensuite referme sur toi la couverture chauffante (on devient un wrap humain, prononcé à la française vrape) ayant pris bien soin de placer tes bras le long de ton corps. Et elle part te laissant seule sans possibilité de secours.
Tu fermes tes yeux et commences à relaxer mais voilà que le bras droit te pique au point où ta relaxation est perturbée. Plus rien ne compte que ce piquage, il prend toute la place. Tu prends une décision importante, réussir à extirper ton bras gauche de cette prison gluante et collante et le glisser jusqu'au point de délivrance. Et là, tu glisses ta main, la déplace vers le point culminant, ça va bien, tu accroches un peu l'ouverture des couvertures, et enfin tu te grattes, le soulagement, le nirvana. 
Le retour se fait plus difficilement, ton coude accroche le centre de rencontre des couvertures, la couverture chauffante sacre le camp et il y a désormais une ouverture béante du film plastique. Tu tentes au moins de sauver le film plastique en ne bougeant que les mains essayant de replacer le tout mais tu empires la situation. Aux grands maux, les grands remèdes, tu attrapes un coin du film plastique avec tes dents pour le retenir et tu finis par glisser très tranquillement tes bras le long du corps non sans laisser de séquelles. Tu lâches le film et tout comme ça, tu te lèches les lèvres, le goût des algues est fort et tu imagines maintenant que le vert déborde. Tu finis le travail pour que rien n'y paraisse, te lèches le tour des lèvres bien comme il faut et tu reprends ta relaxation. Ton soin dure 15 minutes et tu en as pris 10 pour ton opération grattage. Quand la jeune fille arrive pour te délivrer, elle dit « Vous avez bougé un peu. » un peu oui, que je lui réponds d'un ton presque inaudible.
Se faire des amis
Entre deux soins, nous allons nous assoir aux salons appropriés ou à la verrière, verrière où il est impossible de voir à l'extérieur tellement les vitres sont embuées. Je me dirige donc vers cette dernière qui est bondée de curistes en attente de soins. Il est rare que je regarde le sol en marchant, j'ai plutôt tendance à marcher le nez en l'air, comme ma mère le faisait et qu'on appelait « fend le vent ». À l’entrée de la verrière, il y a une marche qui cache certainement quelque chose, une marche de 3 pouces que tu montes et que tu redescends aussitôt, que tu dois enjamber quoi, une marche juste pour que tu t’enfarges bien comme il faut. Ce que j'ai fait bien sûr. Bang, le gros orteil accroche la marche, tout le monde est dérangé et j'entends des Oh ! Pauvre madame ! Ces mots gentils qu'on dit aux personnes âgées et qui maintenant m’étaient adressés. 
Une fois assise, tout le monde est bien désolé et je leur demande si je suis la seule à avoir accroché la marche. Oui qu'on me répond, aux autres on leur a dit de faire attention à la marche. Donc, c'est de votre faute que je leur dis. 
Ici, les français disent toujours bonjour à tout le monde quand ils arrivent à un endroit et au revoir quand ils en repartent. Moi qui aime piquer une petite jasette, le fait qu'on me dise bonjour me rassure. Je sens que la glace est cassée et qu'il y a une ouverture. Je suis toute heureuse, prête å la discussion, voire quelques bons rires, hé non je reste là, la bouche béante constatant que je suis la seule qui veut continuer. Et je tombe dans un vide existentiel.
Ce n'est pas facile de se lier d’amitié, il faut juste qu'on me regarde mais j'ai décidé que je ne resterais pas à croquer marmotte, seule dans mon coin et je vais vers eux et leur demande s'ils désirent que soit nous mangions ensemble. Ça marche ! J'ai des amis ! Ce soir nous sommes 4 à se faire un souper en famille à la salle à manger et croyez-moi, on rit. Faut juste ne pas désespérer . Y'a ma nouvelle amie Cathy qui m'a demandé si dans ma famille mes frères et sœurs étaient plus discrets, je ne sais vraiment pas à quoi elle faisait allusion.😉
En parlant de souper, j'ai eu le malheur d'avaler une arête de poisson le premier soir. Je soupais justement avec Cathy qui est infirmière, une chance que je me disais mais moins chanceuse, elle est en cardiologie. Je sentais l’arête comme il faut, le serveur nous parle de l’hélicoptère ambulance, Cathy prépare presque sa caméra parce que bien entendu, elle m’accompagne et en profitera pour prendre des photos pendant que j’agonise. Mais non, on attend, on me donne de la mie de pain que j'ai mange à profusion pendant 2 jours. Mon assiette déborde de croûtes de pain. Et ce n’est que ce matin que je ne sens plus l'arête, pas de tour d'hélicoptère et mon ami Cathy repart cet après-midi vers sa belle ville d'Annecy. Merci pour cette belle amitié chère Cathy. Ah oui en passant, la mie de pain, c'est pas très bon pour le transit.  En parlant de transit…
 

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Le Costa Rica - Suite et fin

Le Costa Rica - Suite et fin

Le lendemain, j’étais prête très tôt pour mon départ vers ma nouvelle vie. Enfin sortie de ce problème. La ville de Tamarindo m’avait plu, surtout la vie qu’il y avait là. Ça va me faire bien différent d’ici.

Mon taxi arrive à l’heure prévue et il m’amène à ma délivrance, du moins c’est ce que je crois.

Nous arrivons aux condos. C’est bien! Le propriétaire m’accueille et vient me présenter ma chambre. D’un condo, j’étais réduite à une chambre. Ce n’était pas grave, la mer était à 300 mètres, je l’avais vue, je pourrai me faire bronzer, aller au resto. Enfin !!!

Une fois passée l’entrée principale, nous traversons un large corridor où à sa gauche, il y a une piscine, très petite piscine, on dirait plus un bain de pieds, c’est une piscine intérieure et à sa droite de grandes vitrines qui devaient être prévues pour des magasins mais d’où on ne voyait que d’immenses rideaux à l’intérieur comme pour cacher ce qu’il s’y passe.

Un peu plus loin, il y a aussi de grandes vitrines; les rideaux ont été ouverts et je vois très facilement la vie à l’intérieur. Ils sont deux, ils discutent.  L’homme est torse nu. Ils semblent demeurer dans cette cage de verre.

Nous nous arrêtons juste avant ces grandes vitrines, devant une porte toujours vitrée et l’homme prend une clé et l’ouvre. C’était ma chambre. Une grande chambre avec vue sur… le bain de pieds intérieur et pas d’autre issue et surtout avec vue sur les rideaux.

Du condo que j’imaginais avec balcon, me voici dans une chambre avec un lit, une table, un fauteuil et une salle de bain. Et des rideaux… verts… qui font toute la largeur de la chambre et une fois ouverts, donnent sur le monde, le monde qui nous voit en passant, qui nous regarde comme des animaux de cirque.

Je prends mon partie de la situation, dépose mon sac à ordinateur et mes sacs de nourriture que j’avais achetée et m’assoie sur le lit. Je regarde à nouveau dans le vide.

Ressaisie-toi ma Francine tu es près de la mer, je vais toujours bien en profiter mais avant, je vais appeler la compagnie aérienne pour les aviser de livrer mes valises ici et non plus à Playa Flamingo, elles doivent arriver le lendemain, jour de Noël. Ce sera un beau cadeau.

Bon… mes valises n’arriveront pas demain, « peut-être » samedi. Ils ne peuvent pas le dire car elles ont été placées sur un autre vol d’une autre compagnie et attendent de savoir quand ils pourront me les apporter. Non mais !!! Ça se peut pas !

Regardant la chambre, regardant ZE vue, me regardant dans tout mon désespoir, je leur ai dit de les retourner à Québec  car moi je ne resterai pas. Je veux prendre le prochain vol pour m’en revenir au Québec. À ce que je peux voir, ici au Costa Rica, en ce moment, rien ne fonctionne pour moi et je n’ai pas espoir que ça s’améliore.

Une fois cette décision prise, j’avise le propriétaire du « condo » que je repartirai le samedi matin et je pars à la découverte de cette belle petite ville.

Nous sommes un peu en retrait de la ville mais tout près, il y a une petite route pour se rendre à la plage et à droite, sur cette petite route, devant la mer,  un beau petit resto italien. Il n’y a pas grand monde mais ça semble très bien.

Je continue ma route pour aller à la mer. Je marche sur la plage, j’aimerais bien aller dans l’eau mais qui surveillera ma sortie de plage, ma clé, mon argent, mes sandales ? Un passant ? Je me résigne que la baignade dans la mer sera pour une autre fois, quand ? Je ne sais pas. Je rencontre une québécoise, elle me fait la conversation et m’invite à aller avec elle retrouver son mari et ses 2 enfants. Ils n’ont pas de place où rester et se cherchent un endroit rapidement pour la soirée pour ensuite repartir pour Samara. Je refuse son invitation. Même si elle est québécoise, je suis devenue méfiante, de toute façon, elle insistait vraiment trop.

Je me suis arrêtée au retour au petit resto italien. Là par exemple, j’ai rencontré des gens très sympathiques. Ils parlaient italien et anglais en plus de l’espagnol. Comme c’était tranquille, la propriétaire s’est assise avec moi. J’ai enfin mangé un vrai repas. Il était délicieux, je me serais sentie en Italie. Je les ai adoptés et ils m’ont adoptée aussi  sûrement parce que je faisais trop pitié à leurs yeux mais au moins, j’avais des gens avec qui parler.

J’ai déjeuné, dîné et soupé au petit resto italien et cela jusqu’à mon départ, je m’y sentais en sécurité. Ils plaçaient des gens avec moi pour que je ne sois pas seule. Un soir, un monsieur d’à peu près mon âge est arrivé et ils lui ont demandé de s’assoir avec moi. Me regardant, il a dit non et j’ai vu dans son visage tous les trop et les pas assez que je pouvais lui inspirer.

Je vous épargne les 2 jours qui ont précédé mon départ où je n’ai fait qu’errer dans la ville et sur la plage et où j’ai collé au resto, toujours les yeux dans l’eau prête à éclater.

Mais je dois vous raconter le matin du départ. Je suis allée déjeuner et faire mes adieux aux gens du resto. Ils ont placé leur petit garçon à ma table qui jouait avec des légos. Les tables de dehors étaient placées sur des galets donc assez chambranlantes.

Je commande un déjeuner copieux avec jus, œufs, café. Le petit est assis en face de moi. Comme je reçois mon festin qu’ils viennent juste de déposer, le petit pousse la table avec son pied comme pour pousser sa chaise. La table a basculé vers moi et j’ai reçu, sur mon seul pantalon à me mettre, tout mon déjeuner. Je me suis relevée en vitesse mais le mal était fait et je partais 2 heures plus tard.

J’habille du 12 ans et la propriétaire habille du 8 ans environ. Elle me fait enlever mon pantalon et me prête un des siens.  J’ai un manque à gagner d’au moins 4 pouces qui révèle les dessous d’une jeunesse de 65 ans. Ils mettent mon pantalon au soleil et me servent un autre déjeuner.

Une heure plus tard, je vais vérifier mon pantalon qui sèche bien sous le soleil ardent. Je le retourne et oh malheur, ils l’ont placé sur un banc dont la peinture est encore fraîche.

J’ai réussi à prendre mon autobus pour l’aéroport à temps avec un pantalon avec une barre blanche au derrière et une fois dans l’avion, j’étais assise à côté d’un couple qui se bécotait. Je vois qu’il y a des sièges de libres à ma droite et me dis qu’aussitôt partis, je vais me déplacer. Le petit couple n’a pas pris de chance et ils m’ont demandé de changer de place avant le départ.

Et c’est comme cela que se termine ce voyage que je considère comme initiatique. J’ai pleuré presqu’ à chaque minute mais une fois rendue à Québec, j’ai réalisé à quel point j’étais chanceuse d’avoir ce que j’ai, d’avoir la famille qui m’entoure, ma fille qui aura un petit bébé et depuis ce temps, je vis dans la gratitude. J’étais bien contente de retrouver notre hiver québécois moi qui voulais le fuir à tout prix mais le prix à payer là-bas était encore trop grand.

Le lendemain de mon arrivée, on m’a appelée pour me livrer mes valises et là j’ai su que le cauchemar était terminé.

Je ne dis pas que je ne retournerai pas un jour au Costa Rica, je ne peux pas croire que ce pays me sera encore aussi hostile qu’en ce mois de décembre 2014.

Merci de m’avoir lu.

 

Une aînée en liberté dont la liberté a été pas mal ébranlée.

 

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Costa Rica – suite mais pas la fin

Costa Rica – suite mais pas la fin

En tout premier, je tiens à m’excuser auprès des personnes inscrites à mon infolettre, je vous ai inondées de messages et j’en suis bien désolée. Comme je revenais sur Over-blog après deux ans d’absence et qu’ils avaient modifié considérablement la plate-forme, lorsque je publiais, rien n’indiquait que c’était fait et dans mon empressement, j’ai publié, j’ai publié, j’ai publié et cela autant de fois que vous avez reçu mon courriel. Ça ne s’affichait jamais sur FB et je me disais que rien ne fonctionnait. Mais non…

Maintenant que mes excuses sont faites, nous pouvons continuer le récit.

À la fin du premier récit, vous avez bien compris que ce n’était pas de crème solaire que j’avais à acheter contre les moustiques mais bien du chasse-moustiques. J’ai aussi acheté de la crème solaire bien entendu au cas où à moment donné, je pourrais aller m’étendre au soleil et profiter de cette lumière ardente que le Costa Rica m’offrait.

Donc, après le petite virée aux alentours, accompagnée de l’homme qui parle français et qui a eu le gentillesse de me venir en aide, je suis résolue, je ne resterai pas dans cet endroit.

Revenue à la maison, la voisine vient à ma rencontre et m’informe que son ami est taxi et me donne son numéro de téléphone.

Je mange un peu et je me résigne à me coucher. Arrivée dans la chambre, elle est glaciale à cause du climatiseur qui tire son air directement sur  le lit et aussi à cause du ventilateur au plafond juste au-dessus du lit qui est à max comme le climatiseur d’ailleurs. Je cherche à éteindre sinon les 2, au moins réduire l’air climatisé et fermer le ventilateur. Je tire sur les chainettes du ventilateur, rien ne se passe, je cherche la manette du climatiseur, ne trouve rien.

Il y a bien une autre chambre mais là, elle est comme un four. Il me faut choisir, l’enfer ou la froidure. Comme je suis déjà dans l’enfer, je préfère la froidure. J’ouvre donc le petit drap blanc très mince qui fait office de couverture et je m’étends. J’ai l’impression d’être  couchée sur une planche tellement le lit est dur.

Quelques minutes plus tard, je suis frigorifiée, le petit drap ne coupe pas le froid. Je me relève pour chercher d’autres couvertures, fais le tour des chambres, rien.

Il ne me reste que mon manteau. Je l’enfile et prends bien soin de mettre mon capuchon, j’ai le nez et les oreilles gelées. Mon manteau est court, je me bats pour essayer de me mettre les pieds à l’intérieur, sans succès. Je finis par m’endormir, les yeux roulant toujours dans l’eau.

Le lendemain matin, à mon réveil, soudainement, je me rappelle où je suis. Ah mon Dieu, le découragement me reprend. Je me sens prisonnière, sans ressource, j’aimerais que ce soit un cauchemar et que je vais me réveiller mais non, je viens de le faire, me réveiller. Mes pensées vont vers Mandela, j’ai l’impression de ressentir son désarroi, son impuissance. Il lui en a fallu du courage pour se réveiller à chaque matin, prisonnier, dans une minuscule cellule et cela pendant près de 28 longues années. Mandela était un battant, il n’a peut-être jamais senti ce désarroi étant toujours certain de remporter la bataille et je me lève, toujours dans mon manteau et je suis de plus en plus décidée à partir de là.

Je déjeune, j’appelle la compagnie aérienne pour savoir à quel moment de la journée je recevrais mes valises. Quelles valises ? Ils n’ont pas mes valises, elles sont restées à Toronto. Je les recevrai jeudi et nous sommes mardi le 23 décembre. Ça ne s’arrange pas. La dame m’informe qu’ils m’allouent un budget de 250$ US pour que je puisse m’acheter des vêtements.

J’appelle le taxi pour qu’il m’amène dans les magasins. Un chauffeur de taxi doit certainement parler anglais, ce sera plus simple.

Il ne parle qu’espagnol.

Je lui baragouine Amiga, Playa Flamingo, mercado. Dire que dans mes cours d’espagnol, j’ai déjà fait une phrase disant que je voulais aller magasiner mais là plus rien. Avant mon départ, j’ai pris des cours d’espagnol pendant quatre mois, deux fois semaine et c’est le néant. J’étais pas des plus douées (je crois que je n’avais pas à vous le mentionner) mais je pouvais dire l’essentiel mais je réalise que quand l’essentiel arrive, l’essentiel ne sort pas.

Faut que je vous dise qu’avant d’appeler le taxi, j’ai skyper avec ma fille qui demeure en France et qui doit venir me rejoindre dans quelques jours. Avec le décalage horaire, je n’ai pas pu la skyper avant. Une autre surprise m’attendait.

Ma Justine s’était cassé le bras juste avant mon départ, ils avaient dû l’opérer et j’espérais que tout se déroulait bien pour qu’ils puissent venir me rejoindre comme prévu. J’avais huit jours à attendre, je finirais par m’y faire. De toute façon, les choses se replaceraient. Ça pouvait pas continuer, mes valises arriveraient, au pire je profiterai de la piscine en les attendant et je pourrais même me louer une voiture. L’espoir me reprenait. En fin de compte, je resterais peut-être. Après tout, j’avais déjà payé pour les 43 jours, j’avais comme intérêt à m’y faire et j’avais invité Justine et son mari à venir me rejoindre.

Après lui avoir pleuré tout ce que j’avais à pleurer, elle me dit : Maman, j’ai une grande nouvelle, je te l’annonce à toi avant tout le monde…, je suis enceinte.

Je continue de pleurer mais de joie, je vais être mamie, fais attention à toi ma chérie, je t’aime. Profitant du fait que je lui dise de faire attention à elle, elle m’annonce qu’il est dangereux de faire des vols d’avion en haute altitude lors des premières semaines de grossesse, qu’il est dangereux qu’elle perde le bébé. Après un silence et un malaise évident, elle m’annonce qu’elle ne veut plus venir au Costa Rica. Qu’elle regrette. L’espoir vient de me quitter à nouveau. En fin de compte, c’est quoi de l’espoir ?

Je suis tiraillée entre le bonheur de devenir mamie et ma situation ici. Qu’est-ce que je fais maintenant ? 43 jours toute seule, j’ai beau penser à la piscine, ce n’est plus suffisant et me promener en voiture, toute seule, dans un endroit perdu où la peur me coupe toute envie d’être là. Je fais quoi? Je vois mon argent s’envoler mais là je suis certaine que je ne resterai pas, plus question.

Je pense à mon amie Christine qui vit à Samara, je la skype à son tour. Peut-être qu’elle a une chambre qu’elle peut me louer puisque c’est ce qu’elle fait, recevoir des touristes. D’ailleurs j’aurais dû m’en aller là, chez elle mais j’ai voulu faire à ma tête, avoir un endroit avec ma fille et son mari. Un endroit près des plages, avec air climatisé et tout près d’une école d’espagnol parce que je ne vous ai pas dit que je m’étais aussi inscrite pour les 3 dernières semaines à des cours d’espagnol « tout près » de la maison.  Et que j’avais fait un dépôt.

Mon amie Christine m’écoute, je pleure encore bien entendu. Elle est bien désolée, c’est le temps des Fêtes et elle n’a plus de chambre à louer. Il y a peut-être son cousin mais sa maison est dans les montagnes, loin de la ville et de la plage, elle m’envoie des photos, elles sont belles mais être toute seule dans la forêt ou toute seule dans la montagne, c’est toute seule. Je resterai donc ici jusqu’à ce que je trouve une autre solution et j’avais beaucoup à perdre. Christine essaie de me faire comprendre à quel point le fait de rester me ferait grandir mais là, plus question, je suis assez grande comme je suis.

Le taxi arrive. Ouf! Une vieille voiture presqu’en décomposition, j’embarque, qu’aurais-je pu faire d’autre? Il m’amène dans un village voisin, dans un magasin ressemblant à un Dollarama. Je lui fais comprendre en langage gestuel que ce n’est pas ce que je veux. On repart et là nous allons à Tamarindo. Bel endroit de villégiature, grouillant de monde et sur la plage. Il me laisse à un petit centre d’achats, je lui indique de m’attendre. Il comprend.

Je me suis trouvée un maillot, un ensemble short et blouse, sortie de plage et une robe. À la caisse, je tente de me faire comprendre et une jeune cliente reconnait mon accent. Elle me dit : « vous êtes québécoise? » Wow ! enfin quelqu’un à qui je peux parler que je me dis. « Vous demeurez où? » Playa Flamingo. « Ah mon Dieu, vous êtes dans un endroit perdu! » Je le sais et je n’aime pas ça. « J’ai mon beau-père qui possède des condos tout près d’ici et sur la plage, voulez-vous avoir ses coordonnées? Je crois qu’il en a un à louer. » Certainement!

Mais qui dit condo, dit gros prix. En tout cas, je ne perds rien en l’appelant.

Nous retournons à la maison. Je mange encore des toasts, quelques fruits et m’assoie sur le divan. J’essaie de lire mais je suis incapable de me concentrer. Je vais marcher un peu dans le complexe, il n’y a toujours pas âme qui vive parce que j’ai fini par comprendre qu’ici, je suis dans la seule maison qui est louée aux touristes, les autres sont louées à l’année et les gens soit ils travaillent ou s’en vont fêter Noel dans leur famille. Un beau Noel joyeux qui s’annonce pour moi. Je m’étais imaginée aller à la plage, aller au resto, rencontrer des touristes… Et même peut-être rencontrer l’âme sœur…

J’appelle le propriétaire des condos qui est aussi québécois, il a un condo à louer, me demande si je veux visiter.  Le prix est le double de la maison mais rendue ou j’en suis, j’accepte. Il m’attend demain matin vers 10 h. Je réserve le taxi.

À 19 h, je vais me coucher. Je suis épuisée et je réussis à m’endormir dans ma glacière toujours dans mon manteau me disant que le lendemain, c’est une nouvelle vie costaricaine qui m’attend. Mon cœur est rempli d’espoir.

Je veux encore vous ménager. Je continue demain.

 

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La liberté et le Costa Rica

Le volcan que j'ai vu des airs seulement.

Le volcan que j'ai vu des airs seulement.

Bonjour vous toutes et tous (les quelques hommes qui pourraient me lire),

Il y a déjà plus de deux ans que je n'ai pas écrit sur mon blogue, je le gardais ouvert me disant qu'à moment donné j'y reviendrais. Bien c'est aujourd'hui.

Je vous ai quittés lorsque j'ai fait mon charmant voyage au Costa Rica. Il est temps que je vous raconte l'aventure mais avant je dois vous dire que pour parler de liberté, il faut se sentir libre et je dois vous avouer que les années 2015 et 2016 ont plus été des années de non liberté, elles ont été des années de deuil. J'ai vécu mes deuils. Je croyais, après le décès de maman en décembre 2012, la mort de Paul en janvier 2014, le départ de Justine pour vivre en France en 2013, et le travail qui était en diminution, je croyais qu'en décembre 2015, madame avait réussi un exploit, elle avait terminé ses deuils. Madame se la pétait bien haut. Et madame est redescendue bien bas.

Le voyage au Costa Rica m'a placée directement dans la mouvance de mes deuils. Je vous raconte.

Comme ça fait longtemps, je vous rappelle que j'étais partie pour 43 jours dont les 9 premiers ou j'étais seule pour ensuite recevoir ma fille et son mari qui venaient pour 2 semaines et retomber toute seule pour le reste du voyage. Je me sentais bien brave. Y'a des femmes qui voyagent seules, je suis bien capable aussi, que je me disais.

J'ai pleuré ma vie durant ce voyage.

Je le sentais avant mon départ. Mon amie Catherine est venue me reconduire à l'aéroport et elle devait me pousser pour que j'avance. Je partais passer l'hiver dans le Sud, au Costa Rica, qui est l'endroit de rêve pour des vacances, au dire de plusieurs en tout cas et moi, je ne voulais plus y aller. 

Une fois dans l'avion, j'étais placée côté hublot précédée par 2 hommes qui parlaient anglais. Ils se sont mis à parler ensemble. Je vous dis que lorsque je les ai dérangés pour un petit besoin urgent, c'est un fait que je les ai bien dérangés.

Tout le long du trajet, je me disais "Pourquoi tu t'en vas là-bas?" "T'aurais du rester chez toi." Je ne le sentais pas mais pas du tout et j'avais tellement raison.

Une fois rendus au Costa Rica, je vais à la courroie des valises, j'attends, j'attends, toutes les valises sont ramassées, plus rien sur la courroie, mon autocar m'attendait, le chauffeur s'impatientait et moi, je commençais à m'inquiéter. Je vais me renseigner, mes valises n'étaient pas du voyage. Me voilà ben amanchée comme on dit ici.

Un commis prend mes coordonnées, essaie de me rassurer me disant que j'aurais mes valises le lendemain. Je cours rattraper mon autocar et nous partons, les autres voyageurs avec leurs valises et moi avec mes pas de valise, juste mon sac avec mon ordinateur parce que j'avais apporté mon ordinateur qui remplaçait les vêtements qu'on apporte au cas ou nos valises n'arriveraient pas. J'avais dans mon sac, une paire de sandales, une blouse d'été et des petites culottes, c'est tout. Je portais des pantalons d'hiver, mes bottes d'hiver, des pantalons longs et un gilet. Une chance que j'avais mes sandales. Il faisait 32 degrés après tout.

La route a été très longue pour arriver à Playa Flamingo qui, sur les photos sur Airbnb était situé sur la plage, tout près des restos et tout près de petits endroits adorables. La maison pouvait accueillir 6 personnes. Nous serions bien.

Une fois arrivés là-bas, dans la savane costaricaine, l'autocar m'a abandonnée dans un endroit désertique, pas d'âme qui vive mais ou les chiens hurlaient leur vie. Je voulais m'accrocher à l'autocar et crier à tout le monde qu'ils ne pouvaient pas me laisser là. Mais non, c'était ma place et j'y étais pour 43 jours.

Une femme de ménage est sortie, ne parlait qu'espagnol, elle m'a reconduite à ma maison et m'a aussi abandonnée à moi-même.

Je suis entrée dans la maison et là, je vous dis, j'ai senti la solitude, l'abandon et la peur m'envahir. Je ne m'étais jamais sentie aussi seule de toute ma vie. Pis j'avais même pas de valise à défaire pour m'occuper.

J'ai fait le tour de la maison, qui était grande mais très rafistolée pour que ça paraisse bien sur les photos pour la location. Le poêle et le frigidaire étaient recouverts d'un genre de papier collant imitation de nickel, le frigidaire ne fermait pas correctement et la porte du fourneau tombait quand on l'ouvrait. L'air climatisé était dans la chambre principale. Je me suis assise dans le salon ou la télévision datait d'au moins 20 ans, ou les divans dataient d'au moins 40 ans et j'ai regardé dans le vide. On aurait dit que mon cerveau ne fonctionnait plus. Je crois que mon état de panique me figeait sur place.

Je suis ressortie de la maison pour chercher des gens, j'étais seule, oui, j'étais dans un genre de complexe de maisonnettes mais personne aux alentours. Je suis allée voir la piscine espérant y trouver des touristes, personne non plus. Tout ce que je rencontrais était la solitude, le face à moi-même.

Je suis entrée à nouveau et j'ai ouvert mon ordinateur, il y avait le wi-fi. J'ai appelé mon amie Catherine sur Skype et là, ma pauvre Catherine a eu droit à une scène de larmes tellement intense que petit Louis, son fils, pleurait à me voir pleurer autant.

J'ai essayé de me ressaisir et je suis partie, à pieds, à la recherche de la plage. En sortant du complexe, nous étions sur une route comme la 132, une route très passante avec des ravins de chaque côté. J'ai marché, j'ai marché en me disant que si quelqu'un me frappait ici, on ne me retrouverait jamais, que c'en était terminé pour moi.

Et la plage, et les restos et les petits endroits étaient inexistants. À côté de la route, à côté des ravins, des arbres, des palmiers, des édifices délabrés mais pas de petits restos. J'ai croisé des hommes, le coeur m'a serré, je me suis inquiétée. À moment donné, je suis arrivée en face d'une petite boutique qui semblait vendre des t-shirts, boutique faut le dire vite, presque rien à l'intérieur, 2, 3 racks de n'importe quoi mais rien pour moi. L'homme me demande si je vais bien et je me mets à pleurer encore. Il est tout mal de me voir, il me fait asseoir. J'ai pris des cours d'espagnol mais rien ne sort sauf des larmes. Il essaie de me parler en anglais, m'explique que la plage est à 3 kilomètres et les restos aussi. Je pleure encore plus. Je suis découragée.

Je reviens à la maison. La dame de la maison d'à côté est là, elle fait sortir ses 4 chiens jappeurs qui vont rejoindre les 2 autres chiens jappeurs de l'autre voisin. Je vais à sa rencontre, elle, elle ne parle qu'espagnol mais me fait savoir qu'il y a un homme qui parle français dans le complexe. Nous y allons. J'aimerais bien pouvoir m'acheter à manger, pouvoir aller m'acheter du linge. Il me dit qu'il est désolé mais qu'il ne peut pas m'aider. Je suis entrée dans la maison et là j'ai re-pleuré. Je m'étais placée dans un sale pétrin mais comment m'en sortir?

Une quinzaine de minutes plus tard, l'homme qui parlait français est venue pour m'offrir de m'amener m'acheter à manger, il a eu pitié de moi. Comme nous étions le 22 décembre, il me dit que c'est tout ce qu'il pouvait faire pour moi car le lendemain matin, il partait avec sa famille pour les fêtes de Noel. La voisine m'offre d'utiliser une bicyclette pour me déplacer. Ben oui, je me voyais bien à bicyclette sur la 132 avec les autos qui filaient à vive allure !!! (sarcasme)

Je vais avec l'homme à l'épicerie et il me recommande de m'acheter beaucoup de crème solaire car, par les temps qui courent, il y a des moustiques qui transmettent des maladies avec de la fièvre, qu'il me fallait faire très attention. Il me fait visiter le village, m'amène à la plage et ce sera tout ce que j'aurai vu de Playa Flamingo de tout mon voyage. Je ne resterais pas là !

Suite dans un prochain article. Je vous ménage.

 

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