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Une petite semaine en Thalasso

Souvent on me demande pourquoi il m'arrive plus d'aventures qu'à d'autres, je crois que j'ai compris, j'ai l'impression que je ne vois pas les choses sous le même angle que tout le monde, ce qui occasionne des situations parfois cocasses et parfois embarrassantes. Et maintenant, s'ajoute une certaine difficulté de compréhension. Je vous raconte.
Je racontais que le premier matin, j'ai été la seule à me retrouver à la salle à manger en peignoir, qu'on se rassure, ce coup là, j’avais bien compris, nous pouvons aller à la salle à manger en peignoir pour le petit-déjeuner. 
Honnêtement même si j’étais correcte, je me sentais seule de ma gang surtout quand tu fais ta fraîche et que c'est une fois assise, en regardant les gens aux autres tables que tu te vois..., que tout le monde est habillé. Tu doutes, tu te fais petite. 
Une grande révélation
Il y a un point important qui me frappe ici, que je réalise à 67 ans et qui m'a parfois occasionné des problèmes, c'est que je ne fais pas exprès pour ne pas me conformer ou pour être différente, je crois que je suis un peu distraite ou peut-être un peu tête folle. 
Prenez hier, j'ai reçu un soin appelé douche à jets, on entre dans une pièce étroite et assez profonde, nous allons jusqu'au fond et la thérapeute s'installe à l'entrée avec un boyau d'arrosage et nous arrose comme font les pompiers pour disperser les foules. 
Au début du soin, c'est facile elle te fait placer face à elle et te masse le ventre avec le jet qu'elle fait tourner autour de ton nombril. Elle te fait retourner pour le dos et les jambes. Là où ça commence à moins bien aller c'est quand elle te fait revenir face à elle et qu'elle te demande de te placer au trois-quart. Là, je suis embêtée, le trois-quart de quoi ? Je pense vite. Est-ce que je dois m'accroupir, pas dans la face j’espère, faudrait pas la maganer plus qu'elle l'est déjà ? Constatant mon petit air niais, elle me dit de me placer vers le coin droit. Facile, je me déplace. Non, pas dans le coin, VERS le coin. Oookkkkk.  Elle ajoute, placez votre jambe droite devant vous. J'obéis, je place ma jambe devant moi et en même temps, devant elle. Non, qu'elle me dit, DEVANT vous. J’arrête, ne comprends pas vraiment ce qu'elle veut, déplace tranquillement, d'un petit déplacement timide et insécure vers la droite, encore plus devant, et j'entends DEVANT vous !!! Okkkkkk. Une fois les deux coins faits, elle me demande de me placer de profil, je prends une chance et me place de côté, c'est bon. Maintenant, levez votre bras devant vous. Je lève mon bras devant moi mais encore devant elle parce que pour moi devant moi, c'est aussi devant elle, le devant étant le devant et j'entends encore DEVANT VOUS !!! Ooooook ! Oooook ! Je lui dis, vous savez, ça m'arrive de comprendre. J'ai donné des cours longtemps et des durs de comprenure, j'en ai eus et maintenant que je fais partie de ce groupe, c'est pas facile.
Pour finir nous avions une activité dans la piscine avec jets, jets que j'ai eu un peu de difficulté à trouver. À moment donné elle nous demande de se placer face au jet d'eau situé sur le côté de la piscine et de se masser le ventre dans le sens des aiguilles d'une montre. Pour bien se faire comprendre, elle ajoute, vous baissez à gauche et relevez à droite. Ça m'a mêlée comme il faut, j'ai arrêté pour réfléchir pour mieux repartir et j'entends, vous n’êtes pas du bon côté, je tente à nouveau et j'entends « de quel côté tournez-vous, est-ce bien le côté d'une montre ? », prononcé tranquillement pour bien faire comprendre que ça n'allait pas. Est-ce à moi que vous parlez ? que je lui demande. Oui, je peux vous dire que j'ai pensé vite mais pas encore assez vite parce que je n'ai jamais réussi à tourner du bon côté. C'est après que j'ai compris que c’était le jet qui devait descendre à gauche et non moi. J'aurais t'y un début de problèmes cognitifs ou en France on ne s'exprime pas comme au Québec ? Rassurez-moi quelqu'un.
Le wrap humain
L’enveloppement d'algues reminéralisantes, juste comme ça, c'est banal mais quand ça te pique et que tu ne penses qu'à ça, ben tu te grattes et c'est là que tu te dis que tu n'aurais pas dû, je vous raconte.
Une fois dans la salle de soins, on te remet le string, celui qui cache les parties importantes mais un string c't'un string, ça ne cache pas les seins, on s'entend. Je constate aussi, à mon désarroi que ma coupe bikini s’étend sur une plus grande surface que ce que recouvre le string. Pour mon bonheur, les strings ici sont différents de l'autre spa où je m’étais battue avec le petit triangle, celui-là même qui avait gagné et où j'avais du déclarer forfait pour finir avec un string pour hommes dont la partie avant avait la forme de l'homme. J'ai toujours imaginé la face de la masseuse, comment elle a du se retenir pour ne pas mourir de rire. 
Bon je reviens à mon soin. Une fois ton string mis en place, essayant tout de même de cacher les petits débordements pileux, la thérapeute te fait coucher sur un lit sur lequel un large film plastique est étalé sur une autre couverture chauffante et épaisse, de plastique également. Elle t'enduit d'une couche d'algues vertes et t'enveloppe du film plastique et ensuite referme sur toi la couverture chauffante (on devient un wrap humain, prononcé à la française vrape) ayant pris bien soin de placer tes bras le long de ton corps. Et elle part te laissant seule sans possibilité de secours.
Tu fermes tes yeux et commences à relaxer mais voilà que le bras droit te pique au point où ta relaxation est perturbée. Plus rien ne compte que ce piquage, il prend toute la place. Tu prends une décision importante, réussir à extirper ton bras gauche de cette prison gluante et collante et le glisser jusqu'au point de délivrance. Et là, tu glisses ta main, la déplace vers le point culminant, ça va bien, tu accroches un peu l'ouverture des couvertures, et enfin tu te grattes, le soulagement, le nirvana. 
Le retour se fait plus difficilement, ton coude accroche le centre de rencontre des couvertures, la couverture chauffante sacre le camp et il y a désormais une ouverture béante du film plastique. Tu tentes au moins de sauver le film plastique en ne bougeant que les mains essayant de replacer le tout mais tu empires la situation. Aux grands maux, les grands remèdes, tu attrapes un coin du film plastique avec tes dents pour le retenir et tu finis par glisser très tranquillement tes bras le long du corps non sans laisser de séquelles. Tu lâches le film et tout comme ça, tu te lèches les lèvres, le goût des algues est fort et tu imagines maintenant que le vert déborde. Tu finis le travail pour que rien n'y paraisse, te lèches le tour des lèvres bien comme il faut et tu reprends ta relaxation. Ton soin dure 15 minutes et tu en as pris 10 pour ton opération grattage. Quand la jeune fille arrive pour te délivrer, elle dit « Vous avez bougé un peu. » un peu oui, que je lui réponds d'un ton presque inaudible.
Se faire des amis
Entre deux soins, nous allons nous assoir aux salons appropriés ou à la verrière, verrière où il est impossible de voir à l'extérieur tellement les vitres sont embuées. Je me dirige donc vers cette dernière qui est bondée de curistes en attente de soins. Il est rare que je regarde le sol en marchant, j'ai plutôt tendance à marcher le nez en l'air, comme ma mère le faisait et qu'on appelait « fend le vent ». À l’entrée de la verrière, il y a une marche qui cache certainement quelque chose, une marche de 3 pouces que tu montes et que tu redescends aussitôt, que tu dois enjamber quoi, une marche juste pour que tu t’enfarges bien comme il faut. Ce que j'ai fait bien sûr. Bang, le gros orteil accroche la marche, tout le monde est dérangé et j'entends des Oh ! Pauvre madame ! Ces mots gentils qu'on dit aux personnes âgées et qui maintenant m’étaient adressés. 
Une fois assise, tout le monde est bien désolé et je leur demande si je suis la seule à avoir accroché la marche. Oui qu'on me répond, aux autres on leur a dit de faire attention à la marche. Donc, c'est de votre faute que je leur dis. 
Ici, les français disent toujours bonjour à tout le monde quand ils arrivent à un endroit et au revoir quand ils en repartent. Moi qui aime piquer une petite jasette, le fait qu'on me dise bonjour me rassure. Je sens que la glace est cassée et qu'il y a une ouverture. Je suis toute heureuse, prête å la discussion, voire quelques bons rires, hé non je reste là, la bouche béante constatant que je suis la seule qui veut continuer. Et je tombe dans un vide existentiel.
Ce n'est pas facile de se lier d’amitié, il faut juste qu'on me regarde mais j'ai décidé que je ne resterais pas à croquer marmotte, seule dans mon coin et je vais vers eux et leur demande s'ils désirent que soit nous mangions ensemble. Ça marche ! J'ai des amis ! Ce soir nous sommes 4 à se faire un souper en famille à la salle à manger et croyez-moi, on rit. Faut juste ne pas désespérer . Y'a ma nouvelle amie Cathy qui m'a demandé si dans ma famille mes frères et sœurs étaient plus discrets, je ne sais vraiment pas à quoi elle faisait allusion.😉
En parlant de souper, j'ai eu le malheur d'avaler une arête de poisson le premier soir. Je soupais justement avec Cathy qui est infirmière, une chance que je me disais mais moins chanceuse, elle est en cardiologie. Je sentais l’arête comme il faut, le serveur nous parle de l’hélicoptère ambulance, Cathy prépare presque sa caméra parce que bien entendu, elle m’accompagne et en profitera pour prendre des photos pendant que j’agonise. Mais non, on attend, on me donne de la mie de pain que j'ai mange à profusion pendant 2 jours. Mon assiette déborde de croûtes de pain. Et ce n’est que ce matin que je ne sens plus l'arête, pas de tour d'hélicoptère et mon ami Cathy repart cet après-midi vers sa belle ville d'Annecy. Merci pour cette belle amitié chère Cathy. Ah oui en passant, la mie de pain, c'est pas très bon pour le transit.  En parlant de transit…
 

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