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J'ai l'impression d'être allée au front

C’est certain que la vie n’est pas rose
pour les hypocondriaques et le Covid-19.

Croyez-moi, c’est l’enfer, parce que oui, j’en suis, oui, oui, je suis une hypocondriaque.

J’arrive d’aller chercher mon épicerie au Pois tout vert. Bon, là je vous entends vous dire « Mais qu’elle reste chez elle, la vieille, elle n’a pas compris! ». Je peux-tu vous dire que j’ai compris mais faut aussi que vous compreniez que même si on a 70 ans et plus, on ne vit pas d’eau fraîche. Vous remarquez ici que j’ai changé le proverbe ou la maxime, je ne sais trop comment l’appeler, j’ai omis volontairement d’écrire « d’amour et d’eau fraîche ». À 70 ans, justement, quand t’es veuve, tu vis plus d’eau fraîche que d’amour, l’amour,  tu l’as de tes petites-filles, de ta fille mais bon, je ne m’étendrai pas sur le sujet.

Ok, je reviens sur le point qu’à 70 ans, faut manger et quand on vit seule, qui cé qui va aller à l’épicerie chercher ton manger pour te sustenter ? Oui, qui cé ? ben cé bibi. Pis bibi est hypocondriaque.

Honnêtement, j’ai eu l’impression d’être à la guerre et là ben depuis que je suis rentrée de cette aventure, j’ai un ti mal de gorge et un gros mal de ventre. Pour le mal de ventre, je vais vous raconter une autre aventure dans un autre article.

Je vous raconte mon aventure de ce matin.

J’avais pris la peine de transmettre par mail (ici en France on dit mail pas courriel) ma liste d’épicerie. Comme vous voyez, même à 70 ans on a pas mal toute sa tite tête et on prévient les coups. Je ne m’attendais pas à devoir être au front par contre.

J’arrive là-bas, il y a des gens qui font le pied de grue devant la porte du magasin et la plupart sont au téléphone. Je vous explique le principe, tu restes dehors, tu appelles et quelqu’un à l’intérieur, quelqu’un de masqué et de ganté on s’entend te répond et là tu détailles un par un les éléments de ta liste d’épicerie. La personne à l’intérieur coure et met les articles dans un caddy (bon ici aussi on n’appelle pas ça un panier d’épicerie, on appelle ça un caddy). Une fois terminé, on entre pour payer.

Mais moi, la prévoyante, je m’étais dit qu’en transmettant ma liste par mail que ce serait simple, que tout serait prêt et que je n’aurais qu’à payer. En plus, j’avais imaginé que mes sacs seraient presque dehors et que la machine pour payer serait dehors également. Mais non !!! Fallait entrer et que la demoiselle passe mes articles à la caisse et que je les manipule. Non, mais, les microbes, les virus. J’y ai t’y pensé vous croyez !!!

Pour faire exprès, il y avait des articles qui n’étaient pas les bons même si j’avais pris la peine de lister mes articles dans l’ordre qu’ils arrivent dans le magasin en donnant la grosseur et la marque. En plus d’être hypocondriaque, elle est maniaque. Mais non, le lait écrémé était du demi-écrémé, le litre de lait d’amandes était un 6 packs, le pain, et j’en passe.

Là, n’allez pas croire que je chiâle contre les gens qui ont fait l’épicerie pour moi, je chiâle contre le Covid-19 qui m’a rendue hyper-vigilante moi qui l’étais déjà et même trop. Il m’a fallu pénétrer entre les étagères pour montrer quel pain je voulais, et le lait, et le fromage à la crème, alouette.

Ce que j’ai vu relève d’un film de guerre et en même temps, j'ai vu toute la désolation de la situation. J’y ai vu des femmes qui couraient dans les allées pour donner un service et moi qui courait devant pour garder les 2 mètres de distance. Une vraie folle.

Pour m’aider dans mon hypocondrie, il y en a une qui m’a crié, « Madame, soyez prudente, on est toutes infectées!!! ». Mais moi, je n’étais pas masquée, pas gantée, le virus pouvait me reconnaître facilement.

J’ai l’impression de revenir d’un voyage et que je devrai me mettre en quarantaine. Pis ma gorge qui ne va pas mieux.

Une fois rendue à la maison, j’avais quelques items pour ma voisine et elle m’a remboursée en argent comptant. J’me peux plus. J’ai toutes les mains plissées à force de les laver et ce n’est pas juste l’âge.

J’ai voulu par cet article vous dérider mais en même temps, je réalise qu’à mesure que le temps passe, à mesure que la situation évolue, je deviens paranoïaque et angoissée.

Attendez que je vous raconte toutes mes folies d’une fille hypocondriaque, je vous réserve ces aventures dans un autre article car ce serait trop long. Préparez-vous et surtout n’appelez pas les psychiatres, ça fait 70 ans que je vis avec cette maladie mentale, entre autres, je devrais être capable de finir ma vie avec.

Merci de m’avoir lue et merci surtout à ces femmes qui se dévouent pour nous, elles sont plus au front que nous et elles le font avec le sourire. C’est un début pour elles dans cette aventure de faire notre épicerie pour nous éviter de se faire contaminer , sûrement que la prochaine fois, ça va couler mieux. 

Bonne journée.

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