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Donnes-y un ti-bec !

Quand on est une ainée en liberté et par surcroit seule, il faut se méfier, et moi, venant d’une petite ville où tu n’as pas appris à te méfier, je me fais prendre parfois. Je vous raconte.

Un beau dimanche de février dernier, je reçois une invitation pour un bon resto d’un ami de très longue date qui était à Québec pour quelques jours. Il savait que je vivais des moments plus difficiles après la mort de Paul et le départ de Justine en France, c’est du moins ce que je me disais. Il faut que je vous précise, parce que je sais qu’en cours de lecture, vous vous poserez la question, il y a 30 ans, nous avions tenté une relation amoureuse qui s’était terminée par une relation amicale tout simplement.

Au moment de son invitation, par téléphone, il avait appuyé fortement sur le fait que ce serait une rencontre entre amis, sans plus. De toute façon, je ne comprenais pas pourquoi il appuyait sur le fait d’une sortie entre amis puisque c’était cela que nous étions depuis belle lurette. Et en plus, il était en couple.

Il vint donc me chercher à la maison et nous sommes allés au restaurant Georgio, un très bon restaurant italien. Les banquettes sont très grandes, ce qui faisait bien mon affaire en même temps. Tant qu’à être entre amis, une bonne distance est appréciée.

Nous avons bavardé de tout et de rien et à moment donné, il s’est levé pour se rendre aux toilettes mais a bifurqué vers moi, s’est penché pour m’embrasser, d’un baiser se voulant plutôt révélateur si vous voyez ce que je veux dire. Je suis restée surprise de ce geste, je me suis reculée, lui rappelant que nous étions ici entre amis.

À son retour, il a recommencé le petit stratagème. Ben voyons ! Qu’est-ce qui te prend ? Ne recommence pas, je ne suis pas intéressée, que je lui ai dit. Il s’est excusé et a promis de ne plus le refaire. J’étais perplexe.

Nous avons discuté et ri comme nous le faisions toujours durant nos rencontres. Le repas terminé, il a payé la note et est venu me reconduire.

Une fois à la maison, il m’a demandé si je l’invitais à écouter les finales de la Voix et qu’après il s’en irait. Et c’est là que je ne me suis pas méfiée. J’ai dit oui tout en lui demandant de ne pas recommencer son petit jeu du restaurant. Il m’en fit la promesse.

Nous nous sommes assis sur le divan et il s’est collé à moi, je me suis vite décollée et suis allée faire du café. Je suis revenue et me suis assise assez loin de lui, il s’est rapproché, m’a entourée les épaules de son bras. J’étais bien mal à l’aise, je me suis déplacée à nouveau. Il s’est levé et s’est éloigné, mais en passant, il s’est penché vers moi et a mis sa main dans mon chemisier pour me caresser les seins. Je suis restée bête, l’ai regardé, il avait un peu l’air fou et moi, encore plus, d’être là à me faire taponner, sans mon consentement et commençant à me sentir menacer. Réfléchis vite ma Francine, réfléchis vite.

Je lui ai enlevé la main et lui ai demandé de s’en aller que ça avait assez duré.

Il s’est assis sur la partie du L du divan pour me regarder et m’a dit : « Ça fait longtemps que tu ne fais rien, on pourrait… tu sais quoi ? Ben voyons ! Il va falloir que tu te calmes. Oui, mais toi et moi, on pourrait… ! Non, non, que je lui dis. En plus tu es en couple, je n’ai pas l’intention de te servir de poupée gonflable. C’est quoi ton problème ? Si tu as besoin d’un vide-poche que je lui dis, tu peux toujours aller au Carol, au bas de la côte, pour un petit 10 $, ton compte sera fait. » Et là, il m’avoua que ça n’allait pas bien avec sa femme (la ritournelle habituelle), et m’a chanté la pomme pour arriver à ses fins.

L’inquiétude grandissait, il savait que j’étais seule, que personne n’arriverait. J’ai commencé à avoir un peu chaud, pas mal même.

Il s’est levé. J’étais soulagée. Mais ce n’était pas pour partir.

Il s’est approché de moi, a baissé la fermeture-éclair de son pantalon et a sorti le tout. Et quand je dis le tout, c’est le tout, le GRAND tout. Il se caressait et moi, je stressais. Il remettait sa main dans mon chemisier et moi, je dépérissais. Il voulait m’embrasser, il insistait.

J’ai fini par me reculer et lui ai dit, sachant qu’il était un homme fier : « As-tu l’intention de te réveiller demain matin dans la peau d’un violeur d’une femme de 63 ans ? Parce que je ne suis pas consentante, mais pas du tout. Vraiment, c’est ce que tu veux? »

Et il s’est ravisé, s’est reculé, à mon grand soulagement.

Et il m’a dit, avant de remballer le tout : Donnes-y un ti-bec.

Vous auriez fait quoi à ma place ?

Comme j'ai déjà publié ce blogue, je viens ajouter la vraie fin qui vous surprendra tous et toutes.

Ben, je lui ai donné le ti-bec. Pourquoi ? Je ne croyais pas avoir d'autres issues, il s'était calmé, j'étais effrayée et pour moi, je ne pouvais pas le provoquer par de la colère. Mais je reconnais aujourd'hui que j'aurais pu provoquer autre chose. Ce que la peur peut nous faire faire parfois.

Bonne fin de journée.

Une aînée en liberté qui doit se méfier.

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